
Sur la côte basque, beaucoup d’embarquement commencent avec la même idée. Voir un dauphin, prendre une belle photo, et revenir avec un souvenir.
Mais la saison 2025 nous rappelle qu’une observation peut devenir bien plus qu’un moment magique. Elle peut devenir une donnée. Elle peut devenir une piste. Elle peut devenir un début d’histoire scientifique.
Dans le golfe de Gascogne, un cétacé en particulier intrigue. Le dauphin de Risso.
Le dauphin de Risso, un géant discret du golfe de Gascogne
Le dauphin de Risso (Grampus griseus) intrigue autant qu’il fascine.
Moins connu que le grand dauphin, il se distingue immédiatement par sa silhouette massive et par son corps couvert de cicatrices blanches.
Ces marques ne sont pas des blessures récentes. Elles résultent d’interactions sociales entre individus, mais aussi de contacts avec ses proies favorites. Les calmars.
Avec l’âge, la peau de l’animal s’éclaircit progressivement, jusqu’à devenir presque blanchâtre chez certains adultes.
Présent dans les eaux tempérées et tropicales du globe, il fréquente régulièrement le golfe de Gascogne.
Au large de la côte basque, les observations se concentrent souvent près des zones profondes et accidentées, comme le canyon sous-marin du Gouf de Capbreton, où les céphalopodes sont abondants.
Ce cétacé peut mesurer jusqu’à quatre mètres et peser plus de 500 kilos.
Il évolue généralement en petits groupes sociaux, parfois plus importants lorsque les conditions alimentaires sont favorables.
En surface, son comportement est souvent calme. Il est ponctué de souffles puissants et d’apparitions brèves, mais marquantes.
Dans le golfe de Gascogne, sa présence reste encore partiellement documentée.
C’est précisément ce manque de données qui donne tout son sens aux campagnes de suivi menées ces dernières années, notamment grâce aux observations réalisées en mer depuis Hendaye.
La photo-identification, un outil scientifique redoutable pour suivre les individus
La saison 2025 marque une nouvelle étape.
Le tri et le traitement des données se poursuivent, avec un outil au cœur du dispositif. La photo-identification.
Le principe est simple en apparence.
Chaque dauphin possède des marques uniques, en particulier sur sa nageoire dorsale. Entailles, cicatrices, forme du bord, pigmentation. Ces détails constituent une véritable carte d’identité naturelle.
À partir des clichés pris en mer, un catalogue de photo-identification est construit et enrichi.
Chaque individu observé est comparé aux images déjà archivées.
Cette méthode permet de savoir si un animal est revu d’une année sur l’autre, s’il reste associé à un groupe stable, ou s’il ne fait que traverser la zone.
L’objectif est clair. Tester l’hypothèse que le Gouf de Capbreton pourrait constituer un site de fidélité pour le dauphin de Risso.
Si plusieurs individus sont régulièrement identifiés au même endroit, cela indiquerait une utilisation récurrente de cette zone stratégique.
Une telle information a un impact direct sur la compréhension des déplacements de l’espèce dans le golfe de Gascogne, et sur la lecture des enjeux de préservation associés à ces habitats profonds.
Ce travail de longue haleine exige rigueur et patience.
Chaque photographie doit être triée, notée, classée, puis comparée.
Derrière chaque image, il y a une donnée scientifique potentielle. Et derrière chaque donnée, il y a une histoire de population, de fidélité et d’écosystème.
Ce que cela change pour vos sorties en mer avec Explore Océan
Observer un dauphin de Risso, ce n’est pas seulement voir un dauphin.
C’est aussi comprendre pourquoi il est là, ce qu’il vient chercher, et ce que son retour éventuel nous apprend sur le golfe de Gascogne.
À bord, l’objectif est double. Vivre une observation respectueuse et de qualité, et documenter ce que nous voyons avec la plus grande précision possible quand les conditions le permettent.
C’est cette approche qui donne du sens à chaque rencontre, même brève.
Si vous souhaitez embarquer pour une sortie d’observation au départ d’Hendaye, vous pouvez réserver directement depuis le site Explore Océan.